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Hello 👋
Quand on parle d’investissement, il y a un sujet qui cristallise l’attention et alimente pas mal de débats : les frais.
Et pour cause, ils sont partout.
Il existe des frais pour les enveloppes d’investissement (compte-titres, PEA, assurance-vie, etc.) ainsi que pour les supports d’investissements (les produits dans lesquels tu choisis d’investir comme un ETF, un fonds, un titre vif, etc.)
Aujourd’hui, je te propose de plonger dans la question (centrale) des frais pour comprendre quel est leur impact réel sur ta performance et sur quoi tu dois porter ton attention lorsque tu choisis un produit d’investissement.
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💸 L’impact des frais
Les frais sont courants dans la vente de produits et de services, et la finance n’y fait pas exception.
Ils servent à rémunérer ceux qui créent les solutions et tous les intermédiaires financiers impliqués. Jusque-là, rien de surprenant : ces acteurs fournissent un service, donc il est normal qu’ils soient payés.
Là où ça devient plus compliqué, c’est quand on se penche sur la composition de ces frais, leurs noms un peu techniques, et surtout leur impact réel sur notre performance à long terme.
Voyons ça de plus près !
📊 Les typologies de frais
Dans la suite de cette édition, nous prendrons l’exemple de l’assurance-vie qui est une des enveloppes les plus populaires en France.
Dans un contrat d’assurance-vie, il existe principalement 4 typologies de frais : les frais d’entrée, les frais de gestion, les frais d’arbitrage et enfin les frais courants des fonds dans lesquels on investit.

Frais d’entrée: Ce sont des frais prélevés lors de chaque versement sur ton contrat, généralement entre 0% et 5%, et ils sont négociables car ils rémunèrent en partie l’intermédiaire (la plupart des contrats d’assurance-vie en ligne affichent 0% de frais d’entrée).
Frais d’arbitrage: Ces frais, entre 0% et 0,5%, s’appliquent à chaque transaction réalisée sur ton contrat (comme le passage d’un fonds à un autre).
Ces deux types de frais sont des frais ponctuels : ils n’apparaissent qu’une fois lors de certaines actions précises (versement, arbitrage, etc.).
Frais de gestion: Prélevés chaque année par l’assureur, ces frais, en moyenne de 0,5% à 1%, concernent la gestion globale de ton contrat. Une partie est rétrocédé à l’intermédiaire qui gère ton contrat (le reste, c’est la marge de l’assureur).
Frais courants: Ces frais, déduits directement de la performance des supports dans lesquels tu as investit, sont appliqués par la société de gestion et influencent le rendement net que tu vois sur ton contrat.
🚨 Ces frais sont généralement peu visibles, les performances affichées sont nettes de frais courants.
Si un fonds actions avec 2%/an de frais courants a une performance brute sur 1 an de 8%, la performance nette du fonds - et donc celle que tu observeras sur ton contrat - sera de 6%.
(Bonus) Frais de gestion pilotée : En confiant la gestion à un pro, tu ajoutes aux frais du contrat des frais spécifiques qui rémunèrent celui qui réalise les arbitrages pour toi, selon ton profil de risque.
Ces trois derniers frais sont des frais récurrents : ils reviennent chaque année, même si tu ne fais aucune action particulière. Ces frais peuvent avoir un impact considérable à long terme…
🔍 Le véritable impact des frais
Même s’ils s’appellent tous “frais de...”, leur impact et leur visibilité ne sont pas du tout les mêmes.
Par exemple, les frais d’entrée sont très visibles : ils réduisent directement les sommes que tu verses. En revanche, les frais courants sont plus discrets : ils ne sautent pas aux yeux et sont souvent “cachés” dans la documentation des fonds. Pourtant, sur le long terme, ces frais courants peuvent ronger une partie significative de tes gains.
Alors, faut-il davantage prêter attention aux frais d’entrée ou aux frais courants ? Qui a le plus gros impact entre 5% de frais d’entrée et 1% de frais courants ?
📈 Simuler pour mieux comprendre
Pour bien mesurer l’impact réel de chaque type de frais, j’adopte une approche simple mais efficace : simuler différents scénarios et en tirer des conclusions.
Pour qu’on puisse tirer une conclusion claire de ces simulations, il est essentiel de réaliser les différents scénarios “toutes choses égales par ailleurs”, c'est-à-dire de ne changer qu’un seul paramètre à la fois. Et parfois, je n’hésite pas à pousser les scénarios à l'extrême, même s'ils ne sont pas très réalistes.
Commençons par les paramètres que nous conserverons pour toutes les simulations :
Capital investi : 100 000 €
Durée de placement : 30 ans
Rendement du portefeuille : 8% / an (c’est le rendement moyen des actions mondiales sur ces 30 dernières années)

Cas#1 : Le monde magique du 0 frais (spoiler: il n’existe pas 😇)
Imaginons un monde (utopique) où il n’y a aucun frais : ni frais d’entrée, ni frais de gestion, ni frais courants. Dans ce scénario idéal, on dépasserait le million d’euros au bout de 30 ans:

Ce sera notre base de référence - Aucun frais
💡 Ce sera notre scénario de référence qui servira de base pour comparer l’impact des différents frais sur notre investissement
Cas#2 : L’impact des frais d’entrée
Pour cette simulation, ajoutons 5 % de frais d’entrée, tout en maintenant tous les autres frais à 0 %. On retrouve simplement nos 5% de différence à l’arrivée.
L’impact est linéaire.

5% frais d’entrée, aucun autre frais
Cas#3 : L’impact des frais courants (frais des fonds)
Désormais, revenons sur une base de 0% de frais d’entrée, mais ajoutons 1% de frais courants annuels.
Ici, la différence devient plus visible au fil des ans. Ces frais viennent rogner les performances année après année, et leur effet cumulé peut avoir un impact bien plus lourd sur le long terme.

0% de frais d’entrée, 1% / an de frais courants
🤓 Et donc ?
Même s’ils sont plus visibles et immédiats, les frais ponctuels ont, au final, un impact globalement moins important que les frais récurrents.
Les frais courants (des fonds) et les frais de gestion (du contrat d’assurance vie) ont un impact exponentiel sur le long terme.
L’AMF a réalisé elle aussi une simulation pour montrer l’impact des frais sur le long terme (hypothèses de 1% de frais d’entrée, 1,5% de frais courants et 0,8% de frais de gestion).
Les résultats sont frappants : l’ensemble des frais représentent 54% de la performance globale.
👀 Analysons un cas réel avec le simulateur
Pour aller encore plus loin, j’ai conçu pour toi un simulateur qui te permet de tester différents scénarios par toi-même. Tu pourras analyser, décrypter et simuler autant de situations que tu le souhaites. De quoi te faire ton propre avis, encore et encore. 😉
Mettons cette calculette à l’épreuve sur un cas concret, en comparant deux fonds que tu connais peut-être déjà :
L'ETF MSCI ACWI (celui sur lequel j'investis chaque mois via Shares, comme expliqué dans l'édition n°63)
Un OPCVM traditionnel avec une exposition internationale similaire : Comgest Monde C.
💡 Je sélectionne ces 2 fonds pour mettre en évidence l’impact des frais entre les 2 styles de gestion dont je t’ai déjà parlé : la gestion passive en ETF (on suit la performance d’un indice sans chercher à faire mieux et avec des frais plus bas) et la gestion active (on cherche à battre le marché avec des frais plus élevé et dans 90% des cas, le fonds n’y arrive pas sur le long terme).
Ces 2 fonds ont le même univers d’investissement.
Les hypothèses globales restent les mêmes pour l’exercice.

Prenons cette fois des hypothèses de frais réalistes:
0% de frais d’entrée
1% de frais de gestion annuel du contrat d’assurance-vie
Frais courants :
0,20% pour l’ETF (ISIN: IE00B6R52259)
2,26% pour Comgest Monde C (ISIN: FR0000284689)

Sans grande surprise, l’ETF sort vainqueur de ce duel (et de très loin).
À performance égale, les 2,06% de frais courants annuels de différence représentent en moyenne 10 000 € par an de coût supplémentaire. 🤯
Pour les rendre indolores, le challenge du gestionnaire de fonds est de sur-performer l’indice de référence, année après année. Selon l’étude SPIVA, 90% des gestionnaires actifs n’arrivent pas à battre un ETF qui suit simplement leur indice de référence.
La bonne nouvelle, c’est que certains y arrivent, comme c’est le cas de notre fonds pris en exemple sur les 10 dernières années :

Même si c’est de peu, le fonds Comgest Monde bat son indice de référence sur une période de 10 ans
💡 A retenir
Si on résume pour l’investisseur final (toi et moi donc):
Les frais récurrents ont un impact considérable sur le long terme car ils sont prélevés année après année. Vouloir optimiser ces frais est la priorité n°1 de l’investisseur averti.
Les frais dépendent de l’enveloppe d’investissement (compte-titres, PEA, assurance-vie, etc.) et des supports d’investissement dans lesquels tu choisis de te positionner (ETF, fonds actifs, titres vifs, etc.)
Les fonds actifs doivent constamment et largement surperformer le marché pour espérer offrir une performance égale à celle d’un ETF qui, lui, se contente de suivre le marché. Difficile mais pas impossible comme on vient de le voir.
Si la performance du fonds est égale ou inférieure au marché, l’investisseur se retrouve avec un manque à gagner.
Une sur-performance de plus de +2 % deviendrait enfin rentable pour nous. Et c’est là que les frais de sur-performance pourraient entrer en jeu. 😇
Pour ma part, j’ai fait le choix d’adopter une approche passive de l’investissement via les ETF même s’il me reste encore une assurance-vie avec des fonds actifs.
Je partage mon portefeuille sur Shares (5 transactions offertes pour l’ouverture d’un compte).
Comment as-tu trouvé cette édition ?
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C’est tout pour aujourd’hui !
On se retrouve dans 2 semaines pour la prochaine édition.
Guillaume 🫶
Disclaimer
Tout ce qui est présenté ici ne peut être considéré comme un conseil en investissement. Il s’agit de mettre en lumière des cocnepts fiannciers et d’expliquer clairement le monde de la finance et de l’investissement.
Chaque situation est unique et chacun doit investir en respectant son profil investisseur et un horizon de temps.
Investir comporte des risques de perte en capital.


